Projet de tramway Lyon–Crémieu : un aménagement disproportionné et inadapté aux besoins réels du territoire

Adresse

50 Rte du Stade, 38460 Crémieu, France

Commune

Crémieu

Description

 

Inquiétudes majeures et points de vigilance

1. Une pression foncière et démographique non maîtrisée

Le projet de tramway suscite une forte inquiétude en matière de pression foncière et de croissance démographique, insuffisamment anticipées et encadrées.

La croissance démographique attendue est estimée à 8 000 habitants, dont 46 % concentrés sur l’agglomération pontoise. Or, le SCOT fixe un objectif de croissance limité à 1 % par an, précisément pour maîtriser les impacts paysagers, la consommation d’espaces naturels et agricoles, la pression sur les réseaux de transport et la ressource en eau.

Pourtant, le constat entre 2007 et 2017 est sans appel : la croissance réelle a atteint 2,4 % par an en moyenne, avec une dynamique exponentielle sur Crémieu.

Les équipements publics (écoles, réseaux, voirie, eau, assainissement) ne sont aujourd’hui ni dimensionnés ni financés pour absorber une telle évolution.

Cette pression supplémentaire entraînera inévitablement :

  • une hausse du coût du foncier et du logement,
  • une exclusion progressive des primo-accédants,
  • une augmentation des loyers,
    au détriment des habitants actuels.

2. Des flux de déplacement incohérents avec le tracé proposé

Les flux réels de déplacement du bassin de vie ne correspondent pas au tracé du projet, qui ignore plusieurs pôles majeurs.

  • La Plaine de l’Ain représente déjà 8 000 emplois, avec :
    • +1 000 emplois liés à l’EPR,
    • +8 000 emplois temporaires lors des travaux à l’horizon 2040.
      Le projet ne prend pas en compte ces flux.
      Quelles conséquences pour Loyettes, notamment si des flux de rabattement supplémentaires doivent franchir le pont déjà saturé ?
  • La plateforme aéroportuaire Lyon–Saint-Exupéry n’est toujours pas desservie depuis le nord Isère, alors qu’il s’agit d’une demande forte et identifiée.
  • Les flux vers l’est lyonnais (Charvieu, Tignieu-Jameyzieu) sont totalement absents du projet.
    Un simple allongement de ligne depuis Colombier-Saugnieu permettrait pourtant de mieux répondre aux besoins réels du territoire.

le projet ne répond qu'à un seul axe de déplacement qui représente que 10% au maximum des déplacements du territoire. En effet 80 % des déplacements se font à l'intérieur même du territoire . Source scot et étude mobilité dans le nord Isère.

3. Un terminus à Crémieu lourd de conséquences pour la commune

Le choix d’un terminus extérieur à Crémieu pose de sérieux problèmes d’aménagement et de fonctionnement.

  • 2 600 places de stationnement prévues sur 6 stations,
    contre 1 300 places aujourd’hui à Meyzieu.
  • Un parking de 600 places représentant environ 2 hectares, soit l’équivalent de quatre fois la surface de celui de Carrefour Market

Cela entraînera :

  • une congestion quotidienne du trafic (« les Médiévales tous les jours »),
  • des flux de circulation ingérables,
  • des aménagements routiers indispensables mais non financés.

Aucun contournement de Crémieu n’est prévu ; cette charge est renvoyée à d’autres collectivités, sans garantie financière.

Par ailleurs, si la RD75 est traversée, pourquoi ne pas prolonger la ligne jusqu’au cœur de Crémieu, vers la friche EZT car le projet actuel n'engendre que des impacts négatifs pour Cremieu sans en avoir les avantages d'un accès facile à pied depuis le centre-ville.

Un terminus périphérique risque de :

  • déplacer le centre de gravité de la ville vers l’extérieur,
  • fragiliser, voire tuer, le commerce de centre-ville,
  • favoriser l’implantation de moyennes surfaces à Villemoirieu, à proximité immédiate du terminus.

Crémieu risque ainsi de devenir un village touristique sans vie locale permanente, à l’image de Pérouges avec Meximieu.

Enfin :

  • un dépôt de 20 000 m² pour 10 rames est prévu,
  • ce dépôt défigurerait l’entrée de ville,
  • le PLU devra être modifié : qui en supportera le coût ?

La pression foncière et de stationnement risque de transformer durablement l’identité du village.

4. Un financement disproportionné et incertain

Le coût annoncé du projet est de 250 millions d’euros, dont 20 millions pour les pistes cyclables.

Les 230 millions restants représentent l’équivalent du fonctionnement de 50 bus pendant 30 ans.

Un tel investissement apparaît incohérent au regard du nombre d’habitants réellement desservis et surtout divisés par le nombre de personnes transportées. 

Pour justifier ce coût, il faudrait une augmentation de 10 000 habitants sur l’agglomération Crémieu–Villemoirieu, ce qui ne correspond ni à la volonté des habitants, ni à celle des élus locaux.

Un tramway est un mode de transport lourd, qui :

  • ne répond qu’à une partie des besoins de déplacement. Les déplacements pendulaires.
  • génère un appel d’air démographique important transformant le territoire en cité dortoir 

La volonté locale est plutôt :

  • d’améliorer l’existant,

  • de prolonger et renforcer les lignes actuelles de transports en commun 
  • de créer un mini-réseau urbain sur l’agglomération pontoise, afin de favoriser les déplacements internes plutôt que systématiquement vers Lyon.

Questions financières non résolues :

  • Participation du CPER : seulement 13 M€ inscrits jusqu’en 2027-2028.
  • Quelle participation des autres partenaires ?
  • Qui financera l’isolation phonique des habitations riveraines ?
  • Aucune participation du Département de l’Ain (CD01).
  • Qui assumera à long terme le déficit d’exploitation, nécessairement supérieur à celui d’un réseau de bus ?

5. Une capacité limitée du sillon Meyzieu – Lyon

Le sillon entre Meyzieu et Lyon est déjà saturé.

Même en cas de succès du tramway :

  • la fréquence maximale restera bloquée à 15 minutes,
  • aucune augmentation de cadence ne sera possible.

Le sillon existant est déjà plein et saturé ce qui limite fortement l’intérêt et l’évolutivité du projet. De plus la non rupture de charge n'est pas garantie . or c'est le seul intérêt du projet.

si le tramway a un succès sur les 6 stations et qu'il est plein à Pusignan, le Sytral acceptera t'il de rouler à porte fermée de MEYZIEU à Lyon comme le Rhône express qui fait déjà polémique !

6. Absence d’alternatives et d’études d’impact

Le projet est présenté sans comparaison avec des solutions concurrentes, notamment :

  • un réseau de bus structurant, plus souple et plus fin en termes de desserte et qui correspondrait à 80 % des déplacements du territoire.
  • le financement des déviations de Tignieu et Charvieu, pourtant cruciales,
  • un renforcement massif de l’offre bus avec un budget équivalent.

Surtout, aucune étude d’impact globale n’est présentée, notamment sur :

  • la pression foncière, non intégrée au SCOT ni aux PLU,
  • l’impossibilité d’accueillir davantage de population,
  • la ressource en eau, déjà sous tension,
  • la coupure des corridors écologiques,
  • l’impact sur le commerce de centre-ville de Crémieu,
  • les aménagements routiers nécessaires, sur des axes déjà saturés et non financés.

Conclusion

En l’état, le projet de tramway Lyon–Crémieu apparaît sur-dimensionné, mal ciblé, financièrement risqué et insuffisamment étudié, avec des conséquences durables sur l’identité, l’équilibre et la qualité de vie du territoire.