Urbanisation de l’est lyonnais portée par le Tram-Train & projet EPR2 ?...
Commune
Meyzieu
Description
Ce projet de future liaison Tram-Train Meyzieu – Crémieu s’inscrit clairement dans une volonté de poursuivre le développement et l’urbanisation de la métropole lyonnaise vers l’est, initiée à l’orée des années 60.
A cette époque, Vaulx-en-Velin, Décines comme Meyzieu n’étaient encore que de gros bourgs situés en périphérie rurale de Lyon...
C’est seulement dans les années 70 avec la construction de grands ensembles, la délocalisation des usines lyonnaises en quête d’espaces et la colonisation des lotissements pavillonnaires que ces villes se transforment et sont absorbées par la croissance lyonnaise tant sur le plan spatial qu’administratif.
Cette croissance exponentielle de l’habitat et du tissu urbain de l’Est lyonnais et du Nord Isère sera inévitablement accélérée par l’arrivée du Tram-Train et devrait donc interroger aujourd’hui plus que jamais les habitants de ces territoires.
D’autant qu’elle percute de « plein fouet » un autre projet d’ampleur nationale qui vise lui à construire sur ce même territoire deux réacteurs EPR2 qui seraient alors situés à moins de 10 km de l’infrastructure de transport urbain.
Il convient d’observer la faiblesse actuelle des espaces intercommunaux du territoire périurbain situés entre les agglomérations traversées par le projet du Tram-Train et le site de la centrale, pour se convaincre du caractère inexorable de cette croissance urbaine et de l’importance que revêt en termes de sécurité le facteur clé de la densité de population environnante autour d’une infrastructure nucléaire de cette envergure et de ce niveau de puissance aux portes de la métropole lyonnaise.
Je rappelle en effet ce que disent les instances internationales du nucléaire, à savoir que les états disposant d’infrastructures nucléaires sur leur territoire se doivent d’être en mesure de faire face aux situations les plus improbables, y compris un accident de niveau 7, dès lors qu’elles pourraient avoir des conséquences graves sur la population et l’environnement.
Comme toute industrie lourde et complexe et malgré tout le sérieux et la prévenance des maîtres d’ouvrage, le nucléaire ne peut être considéré comme intrinsèquement sûr, notamment face aux scénarios de l’imprévu ou de l’imprévisible…
Or, dès aujourd’hui et en cas d’accident de niveau 7 au Bugey nécessitant une évacuation forcée générale sur 30 km (cas des 2 exemples de catastrophes historiques connus), une telle entreprise serait de toute évidence insoutenable et irréalisable sur un plan à la fois matériel et humanitaire… Ce qui a été mis en place à Tchernobyl et Fukushima ne pourrait être reproduit ici du fait du changement d’échelle de grandeur de population (ces 2 centrales accidentées se trouvaient en effet dans des régions peu peuplées…)
On peut également penser que la décision du gouvernement de 2016 d’établir un rayon de (seulement) 20 km pour le PPI du Bugey (englobant déjà + 370 000 personnes), au delà de son caractère arbitraire et même au cas où elle ne serait pas remise en cause, devra et à ce rythme de croissance urbaine, se heurter rapidement à des problématiques en cas d’accident majeur d’infaisabilité sur les plans à la fois organisationnels, matériels et humains…
Qu’en sera-t-il alors à l’horizon 2100 ?
Ainsi, la politique d’urbanisation, de développement démographique et économique de l’Est lyonnais encouragée et portée notamment par cette future liaison structurante ne va-t-elle pas à l’encontre des enjeux de sécurité inhérents à l’implantation d’une industrie lourde de cette nature, en laissant une telle infrastructure industrielle se laisser absorber de manière inexorable par la croissance d’une métropole urbaine de + 1,4 M d’habitants…?